Grain de sel/poivre ?

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Jean-Marc Bellefleur : Bonjour Lisa, bonjour Thomas ! Savez-vous qui sont Pierre de Coulevain, Jean Dornis,Henry Gréville, Paul Cervières ? PHARE FM : Non, je ne vois pas. Jean-Marc Bellefleur : Et si j’ajoute Georges Sand ? PHARE FM : Ah elle c’est une écrivaine… mais qui porte un nom d’homme. Jean-Marc Bellefleur : Bravo ! Son vrai nom est Aurore Dupin. Les autres personnes que j’ai citées sont aussi des écrivaines qui ont publié sous un nom masculin : Jeanne Philomène Lapreche, Elena Goldschmidt-Franchetti, Alice Marie Céleste Durant, Angélique Marie Bourcier… PHARE FM : Pourquoi ont-elles caché leur identité féminine, Jean-Marc ? Jean-Marc Bellefleur : Ces femmes ont vécu aux XIXe et début XXe siècles. A l’époque, pour être publié, il valait mieux être un homme. On considérait qu’il n’était pas du rôle d’une femme d’être écrivain. Voici un domaine dans lequel des progrès ont été faits ! Aujourd’hui, une femme peut signer un roman, un essai, une monographie, sans se cacher. Ce serait bizarre, scandaleux même, qu’une femme doive se cacher derrière un paravant masculin pour publier. PHARE FM : A propos de publication, le prix Goncourt vient d’être attribué à un homme, justement. Jean-Marc Bellefleur : Oui, Hervé Le Tellier pour L’Anomalie (chez Gallimard). Mais dans la même journée, c’est à une femme qu’a été attibué le prix Renaudot, Marie-Hélène Lafon pour Histoire du fils (chez Buchet-Chastel). C’est d’ailleurs à l’occasion de ces deux prix littéraires que je vous parle des femmes écrivaines. PHARE FM : Connaît-on un peu les proportions hommes-femmes dans le prix Goncourt ? Jean-Marc Bellefleur : Eh bien sur les 117 lauréats du Goncourt, 12 sont des femmes, et la première a été récompensée en 1944, soit 41 ans après la création du prix en 1903. Il y a encore du chemin à parcourir pour arriver à l’équilibre. Depuis l’an 2000, le Goncourt n’a récompensé que trois femmes. Le jury est d’ailleurs très masculin, lui aussi. PHARE FM : Et les autres prix littéraires ? Jean-Marc Bellefleur : On constate la même absence de parité, même si pour le Renaudot c’est un peu mieux. Il faut citer le prix Femina, dont le jury, comme son nom l’indique, est exclusivement féminin. Il a été créé peu après le Goncourt, en 1904, jugé misogyne, et on comprend pourquoi. Les lauréats sont des femmes et des hommes, dans des proportions bien plus paritaires que le Goncourt. Comme quoi… PHARE FM : Voici encore un domaine, parmi tant d’autres, que les femmes doivent conquérir au prix de nombreux efforts… Jean-Marc Bellefleur : Vous dites juste. C’est aussi au vocabulaire qu’on le voit. On n’a pas de mal à avoir “infirmier” au féminin, ou “ouvrier”. Que des femmes soient infirmières, c’est très bien. Ouvrières, oui, bien sûr. Mais autrices ou écrivaines, autrement dit avec une position publique, une reconnaissance intellectuelle en tant que femmes, alors là… C’est le vaste débat de la féminisation des noms de métier, dont j’ai déjà parlé ici. Cela fait un an et demi (février 2019) que l’Académie française a validé le terme “autrice”, et on a encore des personnes qui le refusent. Mais viendrait-il à l’esprit de ces personnes de désigner Catherine Deneuve comme “Acteur de cinéma” et pas “actrice” ? Le mot est tout proche, phonétiquement, non ? Le problème des noms de métier au masculin est qu’ils rendent les femmes invisibles surtout dans les fonctions de pouvoir ou les fonctions intellectuelles. Comme par hasard ! Alors moi je dis tout mon respect aux autrices, aux intellectuelles, aux ingénieures, aux scientifiques (tiens, là ça marche pour tout le monde), et j’en passe !
2020 : Une saison de plus cette année dans votre vie ? La saison des difficultés… Nathanaël : Petite question Thomas : combien y’a t il de saisons ? PHARE FM : 4 Nathanaël : Lesquels PHARE FM : Printemps, été, automne et hiver Nathanaël : Bravo Thomas ! C’est la réponse que j’attendais… mais pour moi cette année, il y a une saison toute particulière qui s’est ajoutée dans beaucoup de vie cette année… la saison des difficultés et des problèmes insurmontables. PHARE FM : C’est à dire ? Nathanaël : J’ai l’impression qu’en parlant avec les amis, la famille, les collègues ici à la radio que, depuis quelques mois, se multiplient les difficultés dans la santé avec notamment cette COVID, mais aussi dans le couple, les enfants, le travail, le logement, les finances… et même dans nos églises ! Nous sommes pour beaucoup uniquement en mode “gestion de crise” sur l’un ou plusieurs de ces sujets ! Ma question c’est : combien de temps allons nous tenir ? Combien de temps vas-tu tenir ? Quelques chiffres : 1,5 millions de mort de la COVID depuis le début de l’épidémie, certains économistes prédisent un doublement du nombre de chômeurs en europe et pourrait atteindre 30 millions de personnes, en suisse le nombre des divorces a augmenté de +25% en mars, de +50% en avril et + 75% en mai et juin ! PHARE FM : Mais Nathanaël pourquoi aborder ce sujet et nous “lâcher” tous ces chiffres ? Nathanaël : Alysson 24 ans coiffeuse à Liège en Belgique, Ghislaine 36 ans restauratrice en Bretagne et maman d’un enfant de 10 ans… ou encore le célèbre rugbyman Christophe Dominici… Le point commun de ces trois personnes ? Le suicide ! Ne voir plus aucune solution que mettre fin à sa vie. D’après un sondage de l’Ifop et de la fondation Jean Jaurès 20% des Français ont actuellement (en 2020) des pensées suicidaires. Un chiffre alarmant malgré sa stabilité par rapport à 2016, qui cache la fragilité particulière des jeunes, chômeurs, dirigeants d’entreprises, artisans et commerçants. Parmi eux, 85% ont dit avoir envisagé cette issue après le confinement de printemps, faisant craindre une potentielle aggravation alors que la crise ne parait pas se terminer. PHARE FM : Comment déceler qu’une personne veut mettre fin à ses jours ? Nathanaël : Je ne suis pas un spécialiste de la question, et je pense qu’autant certaines personnes vont envoyer des messages clairs de leur désespoir, mais il y a aussi ceux qui ne vont rien partager, vont paraître “fortes” ou encore d’autres qui vont s’isoler totalement. La question que j’aimerai que l’on se pose c’est qu’est ce que je fais moi pour pas que ça arrive autour de moi. Bien entendu, on ne pourra pas sauver tout le monde. Mais parfois seulement 5 min de dialogue par téléphone ou en visio, peuvent changer la donne ! Prenez un petit carnet, identifiez dès maintenant entre 2 et 5 personnes autour de vous qui pourrait correspondre à ce que je viens de décrire avant. Parlez avec elles, mais surtout écoutez et ECOURAGEZ-les avec vos propres mots ou avec un verset de la Bible. PHARE FM : Et qu’est ce que tu dirais, toi, exactement à celles ou ceux qui derrière la radio voudraient se prendre la vie ? Nathanaël : Vous qui écoutez et qui avez ses pensées suicidaires… Aujourd’hui, prenez courage ! Einstein a dit : « Au cœur de chaque difficulté se cache une opportunité. », mais encore plus la Bible nous dit que “le Dieu d’éternité est un refuge, il est depuis toujours un soutien ici-bas (deut 33:27) ou encore “Ceux qui se confient en l’Éternel sont comme la montagne de Sion, qui ne chancelle pas » Ps 125.1 Alors toi qui entends cela ce matin et qui te sent interpellé, ne reste pas seul avec tes idées noires, appelle nous à la radio ou laisse nous un message au 0 652 300 342 !
Jérôme : Dans la résistance française de la deuxième guerre mondiale, nous connaissons bien sûr le Général de Gaulle, Jean Moulin ou encore Lucie Aubrac mais connaissons-nous Noëlla Rouget ? C’est l’histoire que nous allons découvrir. PHARE FM : C’est à 100 ans que Noëlla Rouget vient de nous quitter … Jérôme : Oui, c’est le 22 novembre 2020 qu’est décédée une grande résistante. Je dis une grande résistante non pas pour sa taille ou pour le nombre de ses actions mais pour quelque chose de plus surprenant…. PHARE FM : Alors avant de savoir pourquoi plus précisément, dites-nous Jérôme quel fut son parcours Jérôme :  Noëlla est née en 1919 et est élevée dans la foi catholique, la foi est très importante dans sa famille. Son frère est prêtre et elle-même devient cheftaine chez les scouts. C’est alors que la seconde guerre mondiale éclate. Sa foi la pousse à résister et elle devient agent de liaison dans des réseaux français et anglais. PHARE FM : C’est là qu’elle est arrêtée avec son fiancé en juin 43… Jérôme : Ils sont emprisonnés à Angers, lui est fusillé et elle déportée à Ravensbrück en Allemagne. Noëlla devient le numéro 27240 et travaille 12h par jour. Ce n’est que le 5 avril 1945 qu’elle est libérée avec 300 autres personnes du camp. Après avoir rejoint la Suisse, elle se marie et a deux enfants. PHARE FM : L’expression grande résistante prend tout son sens ici. Jérôme : C’est ici que cela devient grand, en fait extraordinaire. Figurez-vous que celui qui est à l’origine de sa déportation mais aussi de l’exécution de son fiancé est retrouvé à Lille en 1962. Donc vous imaginez que le procès se fait et que la peine de mort est prononcée. Mais Noëlla pétrie de foi, et donc de pardon demande au général de Gaulle la grâce présidentielle qui lui accorde. Beaucoup à cette époque ne comprennent pas cette demande et je me dis qu’aujourd’hui même nous, nous pouvons avoir du mal à saisir la portée de cette générosité, de cette grâce. D’autant plus que ce bourreau a fini sa vie tranquillement en Allemagne avant de mourir en 2009. PHARE FM : L’injustice paraît criante lorsque l’on sait cela. Jérôme : Justement c’est un des enseignements de cette histoire. Oui la justice existe dans notre pays, dans notre monde et soyons reconnaissants de vivre dans un état où le droit s’exerce même si celui-ci peut paraître imparfait. Mais combien il est encore meilleur de savoir qu’une justice plus grande encore s’exercera lors du retour de Jésus-Christ. Une justice qui distingue les bons et les méchants, le juste et l’impie. Même si évidemment c’est surtout le message du pardon qui éblouit cette histoire ! PHARE FM : Une exemplarité du pardon dans l’Histoire diront certains Jérôme : Comme cela est vrai. La puissance du pardon. On ne parle pas de vengeance, de haine, de rancœur. Noëlla Rouget ne laisse pas le souvenir d’une plaignante, d’une victime mais d’une résistante ancrée dans une foi qui dépasse l’entendement humain. Quel exemple ! Un message qui dépasse de loin toutes les rancœurs qui peuvent animer les hommes qui se dressent souvent les uns contre les autres.
PHARE FM : Ce matin vous voudriez nous parler de l’importance des bonnes nouvelles… Jean-François : J’ai envie de vous partager un de mes défis du moment, qui est que j’ai envie d’encourager les gens et de partager un message positif, sans oublier la situation écologique qui est préoccupante et sans rassurer faussement les gens. PHARE FM : C’est une ligne de crête qui est difficile à tenir… Jean-François : Oui, d’un côté il faut avoir conscience que les médias en général annoncent surtout des mauvaises nouvelles et insistent sur ce qui ne va pas, plutôt que ce qui va bien, et beaucoup de gens sont déprimés à force d’entendre ces mauvaises nouvelles. Passer trop de temps à écouter les infos n’est sans doute d’ailleurs pas très sain en soi. Luc, l’auteur des Actes des apôtres, remarque qu’à l’époque où Paul visite Athènes, au 1er siècle après Jésus Christ, “tous les Athéniens (…) ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles” et Luc laisse entendre que ce n’est pas très édifiant. Il est donc justifié de se concentrer sur LA “bonne nouvelle” (l’Evangile) plutôt que d’écouter en boucle des mauvaises nouvelles PHARE FM : Donc … où est le problème? Jean-François : Le problème il est que mon métier c’est de parler d’écologie. Or on me demande de plus en plus de “délivrer un message positif” quand j’en parle. Récemment j’ai écouté une conférence d’un scientifique du climat qui nous disait d’être encourageant, et résumait le message à transmettre aux gens comme ceci (je cite): “le problème du changement climatique est bien réel, c’est bien nous les responsables, les experts sont d’accord, la situation est grave, mais [et c’est là le point important] on peut résoudre le problème”. PHARE FM : Ben, c’est plutôt positif non, ça devrait nous réjouir? Jean-François : Je serais ravi de délivrer ce message que le changement climatique est solutionnable… si j’y croyais. Mais… je ne suis pas du tout sûr qu’on peut résoudre ce problème. Je suis même convaincu qu’on ne pourra pas le résoudre facilement, en tout cas pas en faisant confiance à nos seules forces humaines, sans l’aide de Dieu. Il y a plein d’exemples dans la Bible de prophètes à qui on demande d’annoncer de “bonnes nouvelles” pour rassurer, et plein d’exemples de faux prophètes qui disent au peuple et au Roi ce qu’ils ont envie d’entendre… Or Dieu condamne les faux prophètes! Voyez l’histoire du prophète Michée sur qui on fait pression pour qu’il dise des choses positives sur le projet dangereux du Roi d’attaquer son voisin. Le serviteur du roi dit à Michée : « Voici, les prophètes d’un commun accord prophétisent du bien au roi; que ta parole soit donc comme la parole de chacun d’eux! Annonce du bien! » (2 Chroniques 18)… Michée refuse, prédit un désastre au Roi, mais celui-ci n’écoute pas et il est tué au combat. PHARE FM : Face à la crise environnementale, n’y a-t-il donc plus aucun espoir, plus rien qu’on puisse faire? Jean-François : Si. La situation est très grave, mais il y a toujours de l’espoir. Par exemple, l’évacuation de Dunkerque en mai 1940 est aujourd’hui encore communément appelée, même par des non-croyants, le “miracle de Dunkerque” (une expression popularisée par Churchill). Le miracle s’est aussi produit – selon certains Chrétiens – parce que des centaines de milliers de personnes ont prié pour une délivrance miraculeuse à l’appel du Roi George VI et de l’archevêque de Canterbury pendant l’évacuation. PHARE FM : Donc tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, Jean-François : Oui, surtout quand on est chrétien et qu’on croit que Dieu peut faire des miracles ou arranger des circonstances dans des situations qui paraissent désespérées. Il faut se rappeler que Dieu est capable de “calmer la tempête”, comme Jésus Christ l’a fait quand les disciples l’ont réveillé alors qu’il dormait dans une barque au milieu du lac de Galilée. “En effet, comme le rappelle l’apôtre Paul, quiconque fera appel au nom du Seigneur sera sauvée.” (Romains 10:13). Je pense qu’ on peut entendre « sauver » dans le sens que Jésus peut sauver “ici et maintenant” ceux qui l’appellent à l’aide, comme Jésus a sauvé ses disciples sur le lac de Galilée, et dans le sens plus large aussi de nous sauver de la mort par le don de la vie éternelle.
Claude Greder, président de PHARE FM, nous fait l’honneur de sa présence dans nos chroniques Grain de Sel Grain de Poivre. Nous parlons ensemble de l’histoire de sa grand-mère et de la résilience, de quoi nous encourager à ne pas baisser les bras ! Claude : Au cours de cette année exceptionnelle de confinement, j’ai souvent pensé à elle et me suis demandé mais comment elle a fait pour re-bondir au vu des drames qui ont émaillé sa vie. Car voyez-vous, Marguerite, née en 1902 et disparue en 1988 a souffert d’une guerre mondiale et de la grande crise de 1929 avant ses 30 ans. En 1932 elle donne naissance à mon père, puis à deux autres enfants en 1933 et 1937. Ils habitent la région des trois frontières, zone frontalière avec l’Allemande et la Suisse et vivent de la petite paysannerie de subsistance. La seconde guerre mondiale ne tarde pas à éclater. Un jour, un officiel dit à mes grands-parents : « Vous avez trois jours pour faire vos valises et tout quitter. Un train vous emmènera en Gironde, à l’abri de l’ennemi, pour une durée indéterminée ». Trois jours plus tard, la petite famille part en laissant toute la ferme avec son menu et son gros bétail derrière elle. Un crève-cœur. Imaginez… PHARE FM : Pfouhhh pas simple… Claude : Eh non, pas simple d’autant plus que Marguerite est enceinte au 4è mois. Le stress de la déportation est fatale au foetus. La jeune maman fait une fausse couche lors de l’arrêt de train à Dijon. À leur retour en automne 1940, la région est annexée à l’Allemagne, ils découvrent leur ferme, une désolation : ni bétail, ni fourrage pour l’hiver, ni même des meubles, les soldats de la Wehrmacht qui ont occupé leur maison les avaient sciés pour servir de bois de chauffage. En 1953, elle perd sa fille d’un accident de natation et son mari prématurément en 1959. Quant à moi, je vois le jour en janvier 63 et découvre Marguerite petit à petit. PHARE FM : Et qu’avez-vous découvert en elle ? Claude : Avec du recul et tout au long de cette pandémie, je me suis souvenu d’elle et me suis dit qu’elle a été sacrément résiliente. PHARE FM : Comment a-t-elle fait pour rebondir, « re-sauter » comme vous l’avez dit, après tous ces drames ? Claude : Parmi tous les facteurs de résilience, je n’en retiens que deux chez elle : le jardinage (un domaine où elle excellait et une activité de congruence, très important) et la prière. Eh oui, dans sa foi du charbonnier, elle s’adressait à Dieu et ce dernier lui envoyait du secours. Figurez-vous qu’elle se remarie dans les années 70 pour son plus grand bonheur. J’aimerais laisser sur le cœur de chacun ce texte de la Bible, tiré du Ps 34. Ecoutez : Quand un malheureux crie, l’Eternel entend et il le sauve de toutes ses détresses Marguerite a crié à Dieu dans ses nombreuses détresses, j’ai fait de même. Pourquoi pas vous ? Dieu a répondu et répondra encore. Ne baissez pas les bras face, pourquoi pas vous tourner vers Dieu et Lui parler. Il vous écoute. Si, si,… vous aussi ! PHARE FM : Merci Claude GREDER
Ludvine : Bonjour. Aujourd’hui nous recherchons quel jour Dieu a institué pour ses enfants. PHARE FM : Tiens, quelle drôle de question, Ludvine! Ludvine : Ben non, beaucoup de chrétiens considèrent que le vendredi est le jour de prière des musulmans, le samedi ou sabbat, celui des Juifs et que le dimanche est leur «Jour du Seigneur». PHARE FM : Mais ce n’est pas le cas de tous les chrétiens. Ludvine : Effectivement, les Adventistes-du-7ème-Jour, les Juifs messianiques et quelques groupes minoritaires font du samedi leur «Jour du Seigneur». Jésus a tenu le sabbat comme les Juifs le font depuis Moïse et les tables de la loi. Car le 4ème commandement commence ainsi: «Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans ta ville.» Donc, toute la famille doit tenir le sabbat, et même l’étranger dans la ville. A part Jérusalem, aucune ville n’oblige les étrangers à observer le repos du sabbat. PHARE FM : Mais le 4ème commandement finit ainsi: «Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié.» Ludvine : Exact. Les sabbatistes mettent l’accent sur la création, les partisans du dimanche sur la résurrection. Pourtant le Nouveau Testament exhorte les chrétiens: «priez sans interruption». Jésus nous demande de venir à lui, d’entrer dans Son repos. Paul affirme qu’en Christ, nous sommes une nouvelle créature. Les chrétiens répondent à l’alliance avec Moïse par la nouvelle alliance. Et au «Souviens-toi du sabbat» du 4ème commandement ils répondent par un nouveau commandement : «Vous ferez cela en mémoire de moi.» Dans la communion avec Jésus-Christ, le temps n’a plus d’importance. PHARE FM : Les écrits postérieurs de Paul confirment-ils cela? Ludvine : En fait, Paul rapporte des rassemblements chrétiens le jour du sabbat, le 1er jour de la semaine, et même le deuxième. Il parle du repos en Hébreux 4,7: «Dieu fixe de nouveau un jour, disant, en David, si longtemps après: Aujourd’hui, comme il a été dit auparavant: Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos coeurs.» PHARE FM : Le jour présent est donc le plus important? Ludvine : Assurément. Il n’y a pas un jour où Dieu est plus disponible, il y a LE jour où nous décidons de faire partie de Son royaume, et ce pour l’éternité. L’observation de jours de culte différents chez les chrétiens peut faciliter l’intégration de convertis venant de l’islam ou du judaïsme dans des groupes observant le sabbat et les lois alimentaires mosaïques. Mais la lettre aux Colossiens nous rappelle: «Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats: c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ.»  
PHARE FM : Alors Jean-Luc Gadreau, comment allez-vous ce matin ? Jean-Luc : Et bien… pour tout vous dire, ce lundi est un peu particulier pour moi. Il sera en bonne partie vécu derrière un micro et devant un écran. Alors, c’est le cas de beaucoup de monde avec nos fameux rendez-vous zoom, whatsapp, GoogleMeet et autres salles de réunions virtuelles. Le quotidien du télétravail en somme ou de confinés en mal de relations sociales. Je disais récemment que la version 2020 du tube de Cindy Lauper « Time after time » pourrait s’intituler « Zoom after zoom ». PHARE FM : C’est donc de visio-conférences que vous voulez nous parler pour ce grain de sel / grain de poivre ? Jean-Luc : Heu non, en fait, pas du tout… enfin juste un tout petit peu, sur la forme, mais pas vraiment pour le fond ☺ J’en viens donc à ce qui m’intéresse… au risque de paraitre un peu égoïste en vous parlant de ma journée et pourtant au contraire, c’est tout l’inverse. Bon mais dire les choses ainsi, ça ne simplifie en rien mon propos. Alors donc, pour en venir à ce qui nous intéresse… au programme de ma journée, ce billet déjà avec vous ce matin et puis cet après-midi l’animation d’une table ronde sur le web dans le cadre du Centre évangélique 2020 en mode connecté… puis ce soir à nouveau dans le costume de l’animateur, toujours sur internet évidemment, pour présenter cette fois la grande soirée célébration de l’association protestante de solidarité Le SEL qui fête ses 40 ans. PHARE FM : Sympa tout ça… mais on attend peut-être autre chose dans cette rubrique matinale que de connaitre le planning de nos invités ? Jean-Luc : Évidemment… je m’en doute. Alors donc, c’est un prétexte en fait parce qu’avec ces deux rendez-vous, il y a un fil conducteur qui m’inspire considérablement et que j’ai envie de partager avec vous sur Phare FM ce matin. Ça peut paraitre banal, mais c’est fondamental : Apprendre à toujours plus aimer et savoir être reconnaissant. On a là 2 positionnements complémentaires à vivre, à manifester vaille que vaille ! Et qui sont un besoin du quotidien mais terriblement aussi devenu une nécessité urgente pour notre aujourd’hui si bouleversé par tant de choses. PHARE FM : Et donc le rapport avec votre programme du jour ? Jean-Luc : La table ronde du Centre évangélique que j’animerai nous permettra de parler de cette nécessité d’aimer liée, quelque part, à notre identité même de chrétiens. Mais avec un défi et des questionnements attachés… parce qu’il ne s’agit pas d’aimer uniquement ceux qui nous ressemblent et avec qui nous sommes d’accord. On abordera ainsi le fait qu’aimer ce n’est pas approuver. Ce sera aussi le besoin de comprendre ce qui peut conduire à certaines situations de ruptures relationnelles et percevoir comment la manifestation de notre amour peut devenir un moyen pour retrouver une relation paisible avec Dieu et avec les autres. PHARE FM : Pas simple mais passionnant en effet. Et la reconnaissance alors ? Jean-Luc : Et bien je finirai la journée avec le mot MERCI… ce mot qui sera au cœur de cette magnifique célébration musicale à l’occasion du lancement des festivités pour les 40 ans du SEL. Merci à Dieu avant tout pour la grâce qu’il nous fait au-travers d’un appel lancé à des hommes et des femmes de se lever, pour aimer, encore une fois… Et un Merci donné à ceux qui répondu à cet appel et qui aujourd’hui encore s’engagent pour les plus démunis. Dans un monde où les ténèbres s’en donnent à cœur joie… devenons des lumières qui jaillissent, éclairent et dispersent l’obscurité… en aimant et en étant reconnaissant. PHARE FM : Finalement, un bien joli programme, qui ne peut que nous inspirer pour vivre cette journée et celles à venir. Merci Jean-Luc Gadreau
PHARE FM : L’armée suisse a signé un partenariat dans le domaine de l’aumônerie, avec les Eglises évangéliques, Michael Mutzner. C’est la première fois que l’armée signe un tel partenariat avec les Eglises évangéliques ? Michaël : Oui absolument, c’est la première fois qu’un partenariat est signé entre les organisations faîtières évangéliques de Suisse allemande et romande, en l’occurrence, Freikirchen.ch et le Réseau évangélique Suisse et l’Aumônerie de l’Armée. Jusqu’à présent, l’aumônerie de l’Armée était réservée aux Eglises que l’ont appelle « nationales » : l’Eglise catholique romaine, l’Eglise catholique chrétienne et l’Eglise protestante réformée. Cette année donc, des aumôniers évangéliques rejoignent les rangs de l’armée suisse. Ils sont 7, sur les 36 nouveaux aumôniers de la volée 2020, à se former et entrer en service. PHARE FM : Est-ce que les Eglises évangéliques sont les seules concernées par cette ouverture ? Qu’en est-il des autres minorités religieuses, comme les musulmans par exemple ? Michaël : Pour le moment, seuls les évangéliques sont concernés, mais je crois que le changement de paradigme pour l’Armée est effectivement plus large. Il s’agit désormais de mieux tenir compte du pluralisme religieux présent en Suisse, et donc aussi, parmi les recrues. L’armée reconnaît que le paysage religieux a évolué et qu’elle se doit d’intégrer les différentes composantes spirituelles du pays. Pour Stefan Junger, chef de l’Aumônerie de l’Armée, c’est un tournant majeur, l’avènement (je cite) d’une « aumônerie militaire pour tous ». Pour lui c’est même un jour historique : « il n’y a jamais eu une telle rencontre dans l’histoire suisse”.   PHARE FM : Y a-t-il aussi d’autres motivations derrière la décision de l’Armée ? Michaël : Oui, pour l’Armée, c’est aussi une façon de répondre à un autre besoin pratique. Le recrutement de nouveaux aumôniers est devenu difficile. L’arrivée de nouveau partenaires est nécessaire pour renouveler les effectifs. C’est ce que souligne aussi Jean-Luc Ziehli, président du Réseau évangélique suisse. Pour lui, c’est à la fois l’établissement d’une relation de confiance et le besoin de forces nouvelles, qui ont rendu ce partenariat possible. PHARE FM : J’imagine qu’il y a aussi des attentes et des conditions précises pour la participation des aumôniers au sein de l’Armée ? Michaël : Oui bien sûr, il y a aussi des responsabilités, et la formation obligatoire des aumôniers permet de poser clairement ces attentes. Les aumôniers ont avant tout un rôle d’écoute, de soutien et d’encouragement des militaires. Ce n’est pas un lieu d’évangélisation explicite et intentionnel. Mais cela reste néanmoins une formidable occasion de servir et d’offrir un témoignage de l’amour de Dieu, à travers une présence qui s’inscrit dans le respect du cadre fixé par l’Armée. PHARE FM : Une bonne nouvelle donc, pour l’Armée, mais aussi pour les évangéliques ? Michaël : Oui tout à fait, et je me réjouis aussi du message d’un tel partenariat vis-à-vis de la société. Les minorités religieuses, et notamment les évangéliques, souvent encore en marge de la société, mal compris et vu comme des « sectes » il n’y a pas si longtemps, sont aujourd’hui reconnue par une institution comme l’Armée. Cela le montre le chemin parcouru, de part et d’autre, pour surmonter les incompréhensions et la méfiance. Cela ouvre aussi des perspectives réjouissantes dans d’autres domaines, où la collaboration entre Eglises évangéliques et institutions publiques n’est pas encore aussi avancée.
C’est Timothée Paton qui est notre chroniqueur Grain de sel/poivre du jour! Il nous propose un livre qui tombe au bon moment: il sortira ces prochains jours et a pour titre :’ (Re) confinés mais pas déconnectés’. Il sera disponible en version numérique. Chaque chapitre, écrit par un auteur diffèrent, a pour vocation de nous encourager, nous rassurer, nous donner de voir l’avenir avec confiance et avec foi. A retrouver sur le site viensetvois.fr
Notre chroniqueur Grain de sel/poivre du jour est Jean-Marc Bellefleur. PFM : Bonjour Jean-Marc! JM Bellefleur : Bonjour Lisa, bonjour Thomas ! En ce moment, c’est le monde à l’envers. Moi qui suis pasteur, je demande aux gens de ne pas venir à l’église. PFM : Oui bien sûr, vous mettez en œuvre les consignes sanitaires. JM Bellefleur : Ces consignes sont d’ailleurs les mêmes pour la France, la Belgique et la Suisse : les offices religieux, comme toute réunion publique, sont interdits. Et vous aurez compris que c’est la seule raison pour laquelle je demande aux gens de ne pas venir à l’église !   PFM : Mais tout le monde n’a pas cette attitude, Jean-Marc. Certains mouvements catholiques font des prières dans la rue devant les églises, pour protester contre cette interdiction. JM Bellefleur : J’aimerais parler de cela. Venir à l’église a pour ces mouvements traditionalistes un sens fort : selon eux la messe à l’église, et surtout l’eucharistie, est indispensable à la vie spirituelle, et n’est pas remplaçable. Je suppose qu’il y a aussi une certaine revendication identitaire dans ces manifestations de rue.   PFM : Mais ces manifestations dans la rue sont interdites elles aussi, non ? JM Bellefleur : Eh oui elles le sont. Ces personnes prennent une position de protestation, comme d’autres. Je pourrais risquer un parallèle un peu cavalier avec ces fêtards dont j’ai entendu parler, qui ont contrevenu à l’interdiction de réunion et qui se sont fait surprendre. Mais je conviens avec vous qu’ils bravaient l’interdit pour de tout autres raisons !   PFM : Comment réagissez-vous devant ces manifestations ? Peut-on les qualifier de désobéissances civiles ? JM Bellefleur : Vous parlez des prières dans la rue je suppose, pas des fêtes secrètes. La désobéissance civile voudrait dire que l’on proteste, pour des raisons éthiques, morales, citoyennes, contre une action de l’État que l’on juge inique. Or dans notre cas, l’interdiction ne vaut pas que pour les lieux de culte, mais pour toutes sortes de réunions publiques. Elle ne contrevient à aucun principe de laïcité ou de citoyenneté, elle ne manque de respect à personne. Je ne crois donc pas qu’elle doive donner lieu à une désobéissance civile.   PFM : Oui car au départ il ne s’agit bien que de consignes sanitaires. JM Bellefleur : C’est ça, oui. Ceci dit, je comprends quand même ces personnes qui prient dans la rue. Moi aussi, comme à de nombreux croyants, et de toutes les religions, les cultes me manquent. Et j’entends beaucoup de gens qui expriment leur frustration à ne pas pouvoir aller à un office religieux vibrant d’émotion, d’entonner un chant avec les autres, de les entendre prier, et de discuter un peu avec eux à la sortie. Et plus généralement on est aussi frustré de ne pas pouvoir aller à un concert plein de joie, dans un restaurant grouillant de monde, dans une salle de sport à l’ambiance surchauffée, et j’en passe. Alors je voudrais dire une chose. Quand on pourra de nouveau faire tout ceci, vivons-le avec plaisir, dans une joie partagée ! Peut-être qu’on ne se rendait pas compte, avant, de la valeur de la vie sociale en générale, de notre liberté d’aller et de venir. Et pour la vie spirituelle ou religieuse, redécouvrons le plaisir d’aller à un office ! Pour mieux apprécier la liberté de demain, il faudra se souvenir des restrictions sanitaires d’aujourd’hui !   PFM : Alors quel est le rôle des Églises à votre avis ? JM Bellefleur : C’est le rôle de toutes les instances composant notre société : donner l’exemple, un exemple de conscience civique en faisant preuve de bonne volonté face aux consignes sanitaires. Le personnel de santé, fortement représenté dans nos Églises, ne comprendrait pas les choses autrement. En temps habituel, nous tenons nos offices et ouvrons nos églises plutôt deux fois qu’une, car c’est important pour un nombre non négligeable de personnes. Mais en ce moment, nous devons trouver d’autres modes de vie. Et c’est tout à fait possible, grâce aux moyens techniques actuels. Message d’espoir !  
Notre chroniqueuse grain de sel/ grain de poivre du jour est Françoise Caron, présidente de la fédération nationale des Associations Familiales Protestantes (AFP). Elle nous encourage au sujet de la peur et de l’isolement, et propose des réponses aux questions suivantes: si la peur est un sentiment qui a pour mission d’alerter, de signaler un danger, est-elle nécessaire pour se protéger ? Quel remède contre la peur si ce n’est ni l’isolement ni le déni du danger? Entre la peur de la maladie physique est celle d’un mal-être destructeur, faut-il faire un choix?  
Ludvine : Bonjour à tous. Aujourd’hui nous parlons de l’excellence «made in France». Oui, l’hexagone a du talent, ainsi que ses départements et territoires d’outre-mer. Au lieu d’acheter moins cher le tout-venant de partout, pourquoi ne pas acheter au meilleur rapport qualité-prix des pièces conçues et fabriquées localement? PHARE FM : C’est vrai. Malheureusement le salon Made In France qui devait se tenir à Paris début novembre a été annulé. Ludvine : Oui, en raison du Covid-19, l’édition 2020 est reportée à novembre 2021. En 2019, le MIF avait présenté 570 exposants et rassemblé 80.000 visiteurs. Mais un catalogue va être mis en ligne sur le site du salon Made in France à partir du 16 novembre. Alors pour Noël, plutôt que de passer par un géant de l’internet qui a assez profité du confinement… PHARE FM : Ok, Ludvine, on a compris. Mais pourquoi est-ce important de parler des produits français? Ludvine : Parce que de nombreuses entreprises n’ont plus de vitrine pour vendre leurs propres produits, les boutiques n’étant plus accessibles. Parce qu’il s’agit souvent de métiers d’art et de métiers rares. Pour beaucoup de PME, d’artisans, et leurs salariés, c’est une question de survie. Avec la pandémie, on regrette les politiques de délocalisations des décennies précédentes. On redécouvre les fabrications d’exception dans nos régions. L’Etat a d’ailleurs mis en place un label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) pour distinguer des entreprises détentrices de savoir-faire industriels et artisanaux d’excellence. PHARE FM : Comment devient-on Entreprise du Patrimoine Vivant? Ludvine : Ce sont les préfets de région qui décernent le label EPV et l’Institut National des Métiers d’Art qui le gère. Le label concerne des secteurs aussi variés que les chantiers navals, les métiers de bouche et arts de la table, les arts graphiques, la maroquinerie, la dentelle, le travail de la laine, la tapisserie, les jouets, la musique, la sculpture sur bois, l’orfèvrerie, la coutellerie, la chapellerie, la verrerie, etc. PHARE FM : Beaucoup de ces disciplines sont une survivance du passé, non? Ludvine : Une survivance du passé? Ces secteurs sont porteurs ! Le label EPV est attribué à des entreprises qui allient savoir-faire traditionnel et procédé technologique innovant. Ces filières sont hautement intéressantes pour les jeunes qui cherchent une formation hors des sentiers battus. Des maîtres transmettent leur savoir à leurs apprentis, ils assimilent une tradition mais chacun apporte sa touche créative ou technique. Comme le résume un artisan, il s’agit de garder une «tradition qui a du bon» et si possible de l’associer à une «technologie qui a du bon». PHARE FM : Mais l’argument coût revient souvent, Ludvine, car le «made in France» a un prix. Ludvine : Certes, les articles ne sont pas donnés. Mais on n’est pas obligé d’acheter de la haute couture, un diamant ou du grand luxe. Une multitude de petits cadeaux peuvent être choisis chez ces PME et artisans d’exception. Par votre achat vous conservez les savoir-faire d’excellence de nos régions et territoires, vous encouragez l’emploi et la formation, vous court-circuitez les transports. N’est-ce pas une plus-value? Sans parler de la qualité dans laquelle vous investissez. Bref, vos cadeaux procureront des plaisirs durables.
PHARE FM : La chronique Grain de SEL/Grain de poivre du jour est apportée par Nicolas Fouquet du SEL, l’ONG protestante de solidarité internationale.  De quoi allons-nous parler aujourd’hui ? Nicolas : Je vous propose d’évoquer un sujet dont il a été question dans les médias mais trop peu à mon goût. Par cette chronique, j’espère contribuer à le mettre un peu plus en lumière et vous apporter un éclairage nouveau. Il s’agit de l’attribution du prix Nobel de la Paix 2020 le mois dernier au PAM. PHARE FM : Le PAM ? De qui s’agit-il ? Nicolas : Le PAM, c’est un acronyme pour Programme Alimentaire Mondial. Ce programme est rattaché aux Nations Unies. Il s’agit en fait de la plus grande agence humanitaire de lutte contre la faim dans le monde. Quelque soit le regard que l’on porte sur les distinctions honorifiques telles que les prix Nobel, le travail que fournit l’agence est colossal et essentiel dans un monde qui a plus que jamais besoin de solidarité et d’entraide. PHARE FM : Y a-t-il une raison d’après vous pour que cette attribution ait été moins médiatisée que d’autres par le passé ? Nicolas : Plusieurs raisons pourraient sûrement être avancées. L’une d’entre elles à mes yeux, c’est que la récompense a été attribuée à une institution et non à une personne. L’incarnation du combat est moins forte dans ces cas-là. Les médias préfèrent généralement mettre en avant des figures charismatiques. Dans le cas d’une agence onusienne, c’est plus compliqué. Même s’il y a bien à la tête du PAM un directeur exécutif. Un américain du nom de David Beasley en l’occurrence. PHARE FM : S’agit-il d’une personnalité connue ? Nicolas : A l’international, pas vraiment. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une belle carrière. C’est un ancien gouverneur républicain de la Caroline du Sud. Ce qui est intéressant par ailleurs, c’est la foi qui l’anime. Même si la récompense a été attribuée au PAM et pas à lui directement, il s’ajoute en quelque sorte à la liste des prix Nobel de la Paix évangéliques. Une liste qui s’allonge… PHARE FM : Les prix Nobel de la paix de confession évangélique sont nombreux ? Nicolas : Ces dernières années oui. En forçant un peu le trait, on pourrait presque parler de « mainmise » des évangéliques sur la récompense. Puisque les trois derniers prix ont un lien avec des croyants engagées. En 2018, le docteur Mukwege avait été co-lauréat. Et en 2019, le vainqueur était le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Ce qui est intéressant de relever par ailleurs, c’est que leur foi est assez souvent passée sous silence par les médias. Comme s’il ne fallait parler des évangéliques que pour évoquer leurs dérives mais jamais lorsqu’ils font de bonnes choses. PHARE FM : Et ces figures reconnues sont loin d’être les seules à mener de belles actions… Nicolas : Effectivement. C’est encourageant de voir cette reconnaissance internationale envers des initiatives de grande ampleur. En même temps, il ne faut pas non plus occulter que d’autres chrétiens s’engagent à leur niveau, plus discrètement que le Programme alimentaire mondial, dans la lutte contre la faim. Chaque action est importante. Que ce soit à titre individuel ou en passant par des structures chrétiennes, comme le SEL où je travaille, beaucoup cherchent à vivre concrètement l’amour du prochain. Et vous ?
PHARE FM : Suite à l’assassinat du professeur d’Histoire géographie, vous souhaitez aborder le sujet un peu différemment en nous parlant de l’histoire de la caricature.  Jérôme Garnier : Oui moi même enseignant en Histoire je remarque que cette matière nous permet de prendre beaucoup de recul sur le présent. Nous permet de garder la tête froide lorsque des événements comme celui que nous avons vécu nous poussent à réagir dans la passion ou l’émotion comme c’est le cas trop souvent dans nos médias. Les réseaux sociaux n’y sont pas pour rien au passage …    PHARE FM : Ainsi la caricature n’est pas propre à notre époque …  Jérôme Garnier : Non effectivement, cela remonte à l’Antiquité, où l’espace public est le lieu privilégié de l’expression de la caricature. On en a trouvé en Grèce ancienne mais aussi  dans les rues de Pompéi ou encore sur du papyrus égyptien.  Même les premiers chrétiens en ont fait les frais puisque Jésus a été caricaturé en âne par des païens romains.    PHARE FM : Y-a-t-il des périodes plus propices à la caricature ?  Jérôme Garnier : J’en compte trois. La première va de paire avec la diffusion de l’imprimerie: c’est la Réforme protestante. Les Réformés étaient assez bons -si je peux me permettre- dans l’art de la caricature, les papes de l’époque en ont fait les frais !  Et puis la deuxième bien sûr c’est la période révolutionnaire. Alors là, on retrouve Louis XVI en porc, on s’essuie les fesses avec une bulle pontificale… et j’en passe.  Et enfin le XIXème siècle avec notamment l’affaire Dreyfus. Tout le monde se souvient de cette caricature où l’on voit une famille avant et après avoir parlé de l’affaire qui divise la France.    PHARE FM : Existe-t-il d’autres exemples hors d’Europe peut-être ?  Jérôme Garnier : Oui bien sûr mais moins connus. J’aimerais citer des caricatures chinoises du XIXème siècle à l’encontre des chrétiens. En effet, par un jeu de mot chinois entre les mots “catholicisme” et “grouinement du porc”, les autorités chinoises de l’époque ont encouragé des caricatures où Jésus est représenté en cochon. On peut même lire sur une de ces caricatures : “ Tirons sur le porc [Jésus] et décapitons les moutons [les étrangers] », on distingue un porc attaché à une croix et criblé de flèches, ainsi que des moutons en train d’être décapités.  Vous comprenez que c’est plus que de la caricature mais un appel au meurtre ici.   PHARE FM : Alors que retenir de cette rétrospective de la caricature ?  Jérôme Garnier : J’en retiendrais deux : la première c’est que ces caricatures fleurissent abondamment dans des périodes de crise. On le voit bien avec la crise religieuse liée à l’apparition du protestantisme mais aussi dans une crise d’identité nationale comme pendant la Révolution française et au XIXème siècle. Je crois donc que l’épisode que nous vivons actuellement nous alerte sur la crise dans laquelle nous nous trouvons. L’identité française est en crise.  Et puis, la religion est une cible privilégiée. Si effectivement c’est l’Islam qui se sent offensé ces derniers temps, le christianisme est depuis longtemps et partout en ligne de mire des caricaturistes. Loin de défendre une position victimaire, une des meilleures réponses est de rester des artisans de paix dans un monde de plus en plus instable. 
Aujourd’hui nous accueillons Jean – François Mouhot, Directeur d’Arocha France. PHARE FM : Ce matin nous allons parler de SUV et du mouvement Extinction Rebellion J-F Mouhot : Vendredi 16 octobre, dans la soirée, des militants écologistes du groupe Extinction Rebellion de Bordeaux, ont dégonflé des pneus de 220 SUV pour dénoncer la pollution engendrée par ce type de véhicule.    PHARE FM : Et pourquoi une telle action? J-F Mouhot :Les militants ont laissé un tract sur le pare-brise des véhicules visés, expliquant les motivations de l’action et prévenant les conducteurs.   Ce tract explique: « nous avons dégonflé un peu de votre SUV ». Ne le prenez pas pour vous, c’est votre SUV le pollueur”. Le tract, se basant sur des données du WWF et de l’agence internationale de l’énergie explique que les SUV représentent la 2e source de croissance des émissions de CO2 en France et dans le monde et constituent 42% des immatriculations de véhicules neufs dans l’UE. Par exemple, les ventes de SUV en France ont été multipliées par 7 en 10 ans. Par ailleurs, un SUV exige plus de matériaux et il consomme 1/4 d’énergie de plus qu’une voiture moyenne. Ses modèles électriques portent une batterie massive, composée de métaux rares dont l’extraction est très polluante. En ville, les accidents sont plus fréquents car les SUV sont instables avec leur centre de gravité plus haut, ils ont la capacité d’ignorer les dos d’âne (certaines firmes s’en vantent!) et engendrent donc une surmortalité pour les piétons et les cyclistes. Bref, les SUV sont “sans utilité véritable” et polluent.   PHARE FM : Pourtant, c’est tout à fait légal de posséder un SUV, où est le problème? J-F Mouhot : En effet, c’est tout à fait légal de posséder un SUV aujourd’hui, tout comme de prendre l’avion pour aller passer une semaine de vacances en Thaïlande. Mais les militants d’extinction rebellion ont le mérite d’attirer l’attention sur le problème moral posé aujourd’hui par la possession de ce type de véhicules (alors que nous savons les conséquences de nos émissions de CO2 sur la planète, et en particulier sur les plus pauvres et sur les générations futures dont l’avenir paraît bien sombre). Et ils espèrent justement faire changer la loi, c’est d’ailleurs leur slogan: « Retirons le permis de polluer ». Rappelons qu’il y a une époque pas si lointaine où il était tout à fait légal de posséder un esclave. Il peut y avoir un point de bascule très rapide entre quelque chose qui était légal et qui devient interdit, ou vice-versa.   PHARE FM : Les chrétiens devraient-ils se joindre à ce type d’actions? J-F Mouhot : Christ nous encourage sans relâche à défendre la justice et les pauvres mais il ne nous donne pas un mode d’emploi tout “prêt” pour le faire. Chacun peut, en priant pour du discernement et en restant en lien avec d’autres chrétiens, trouver de quelle manière agir pour la justice climatique. Il existe de nombreux exemples de chrétiens ayant choisi la voie de l’action directe non violente pour lutter contre des injustices passés, par exemple quand Rosa Parks a refusé de céder la place dans un bus à Montgomery, en Alabama, en 1955, pour dénoncer la ségrégation des noirs aux Etats-Unis. Loin d’être une improvisation, cette action avait été planifiée de longue date avec des membres de son église. En protestant contre quelque chose qui était jusque-là considéré comme légal, la séparation des noirs et des blancs dans les transports publics, elle a été l’étincelle qui a déclenché le mouvement de Martin Luther King qui a fini par mettre par terre l’injustice de la ségrégation. Comme Martin Luther King, Rosa Parks était profondément chrétienne.
Ludvine Schmitz, journaliste, a un message adressé à certaines personnes en particulier.
Phare FM : Vous souhaitiez aujourd’hui rendre hommage à cet enseignant Samuel Paty décapité il y a quelques jours et à Béatrice Stockly, que l’on connait un peu moins. Timothée : Je veux en effet, comme tous les français, rendre hommage à ce professeur sauvagement tué. On savait que les extrémistes religieux décapitaient en Syrie, en Irak ou au Burkina Faso mais on ne s’imaginait pas qu’on le verrait en France. Je veux rendre hommage aussi à Béatrice Stockly. Phare FM : Alors nous n’en n’avons peut-être pas tous entendu parlé… Timothée : Alors Béatrice Stockly, c’était une missionnaire suisse originaire de Bale (pas très loin de Mulhouse) qui servait au Mali. Elle avait été kidnappée une première fois par des islamistes en 2012. Elle retrouve la liberté mais en 2016 elle est enlevée de nouveau, à Tombouctou. C’est le Département fédéral des affaires étrangères suisse qui a annoncé que l’otage chrétienne a été assassinée par ses ravisseurs. Le chef de ce département s’est exprimé l’autre jour sur Twitter. Il dit « C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort de notre concitoyenne. Je condamne cet acte cruel et mes pensées se tournent vers les proches de la victime. » Phare FM : Comment a-t-on appris pour sûr la mort de Béatrice Stockly ? Timothée : C’est l’otage française, Sophie Pétronin, vous savez qui a été libérée la semaine dernière, qui a confirmé le décès de la missionnaire suisse. Les autorités suisses ont travaillé en collaboration avec les autorités maliennes et d’autres partenaires, ces quatre dernières années pour que Béatrice Stockly soit libérée et puisse retrouver sa famille.  A l’heure où je vous parle le gouvernement suisse met tout en œuvre pour en savoir plus sur les circonstances du meurtre et sur le lieu où se trouve la dépouille. Phare FM : C’est donc pendant 4 ans que Béatrice Stockly a été retenue en otage ?  Timothée : Oui 4 ans. 4 longues années à se demander quand ce calvaire finira. 4 ans à vivre nuit et jour dans une angoisse constante. 4 ans à penser à sa famille au loin. Une famille qu’elle ne reverra pas. Je salue le courage de cette femme qui a quitté le confort de la Suisse pour servir dans un des pays les plus pauvres de la planète. Cette missionnaire a passé de nombreuses années (comme le fit Sœur Emmanuelle ou Mère Térésa) à partager parmi les oubliés de la planète, l’Amour de Christ.  J’espère que la Suisse rendra un hommage national à Béatrice, cette femme de foi, comme la France cette semaine rend un hommage national au professeur Samuel Paty. Que l’engagement et le courage de Béatrice puisse inspirer un grand nombre de jeunes et de moins jeunes à se lever pour servir en mission.  Phare FM : Et ils sont encore si nombreux ces chrétiens à travers le monde enfermés pour le foi… Timothée : Ah oui, ils sont nombreux ! De l’Iran à la Chine, de l’Erythrée au Viet Nam…50 000 rien qu’en Corée du Nord ! Et leur crime ? de croire, comme vous et moi, en Jésus Christ.
Aujourd’hui notre chroniqueur est Jean-Luc Gadreau. Il nous parle de ce 26 octobre qui est marqué par un triste événement de l’histoire protestante en particulier, et qui a la particularité de faire écho à l’actualité. PHARE FM : Alors que c’est-il passé ce 26 octobre… de quelle année d’ailleurs ? J-L Gadreau : On est en 1553 à Genève et c’est l’affaire Michel Servet qui sera, ce jour-là condamné à mort sur le bûcher avec, notamment, une accusation portée par Calvin. Un jugement exécuté dès le lendemain ! Servet, qui est resté droit dans ses bottes et ses convictions pendant le procès et l’emprisonnement meurt dans d’atroces souffrances. PHARE FM : Que s’était-il passé ? J-L Gadreau : Michel Servet était un médecin espagnol, humaniste brillant. C’est lui qui a fait notamment connaître ce que l’on appelle la petite circulation sanguine. Il avait une théologie que l’on pourrait qualifier de marginale. Il était aussi parfois excessif dans son propos. En 1553, alors qu’il était à Vienne en France, Michel Servet est condamné au bûcher par l’inquisiteur catholique Mathieu Ory. Servet parvient à s’évader et se rend à Genève. L’inquisition le condamne donc par contumace et seule son effigie et ses livres sont brûlés. Mais, mauvais choix, car là aussi les choses tournent mal, et avec Calvin en particulier… En conclusion: que ce soit d’un point de vue catholique ou protestant, Michel Servet est considéré comme « hérétique » c’est à dire qu’il soutient des doctrines extravagantes et anti-bibliques… PHARE FM : Quel lien faite vous avec l’actualité ? J-L Gadreau : Calvin a tenté de se justifier mais il s’attire dès l’année suivante une réponse cinglante de son ancien ami Sébastien Castellion, sous la forme d’un opuscule. Il écrit : « Lorsque les Genevois ont mis à mort Servet, ils n’ont pas défendu une doctrine, ils n’ont fait que tuer un homme. La violence endurcit le cœur qui ne s’ouvre pas à la mansuétude. On ne surmonte le mal, on ne dissipe les ténèbres que par la lumière, non par l’épée ». Une fin de citation qui peut rappeler aussi des mots plus tard du pasteur Martin Luther King. Cette parole de Castellion est revenue ces jours passé, évoquée par plusieurs en réaction à l’assassinat du professeur d’histoire, Samuel Paty. Et derrière elle, des enjeux qui touchent au fanatisme. Un fléau qui se tapi très vite dans des attitudes, et pas seulement avec l’islamisme radical. Alors bien sûr à des degrés très divers… mais il est intéressant de le souligner. PHARE FM : Ce fanatisme, vous le voyez comment ? J-L Gadreau : Pour résumer ma pensée et ce que cette date nous rappelle, j’aimerai lire les mots du frère dominicain Adrien Candiard dans une interview au Monde, juste après l’odieux crime à Conflans Ste Honorine. Il dit entre-autre : « La principale erreur théologique du fanatisme est de ne pas laisser de place à la foi… Le fanatisme remplace Dieu par un objet fini et croit ainsi pouvoir le posséder. Comment ne pas devenir fanatique soi-même ? En se souvenant que Dieu est plus grand. Plus grand que ce que les autres en disent – même ceux qui profèrent à mes yeux des énormités – et plus grand aussi que ce que j’en comprends. »
Aujourd’hui notre chroniqueur est Michael Mutzner, représentant permanent de l’Alliance évangélique mondiale auprès de l’ONU.   PHARE FM : La semaine dernière, l’Assemblée générale de l’ONU à New York a élu 15 nouveaux membres au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, dont la Chine, la Russie ou encore Cuba. Cette décision critiquée dans les médias et par les ONG, est-ce qu’elle vous scandalise, Michael Mutzner? Michael Mutzner : Je dirais tout d’abord que ce n’est pas nouveau et que ce n’est pas non plus une surprise. Les surprises, il y en a eu d’autres, et elles étaient plutôt positives. En ce qui concerne la Chine, Cuba et la Russie, ils ont souvent été membres du Conseil des Droits de l’Homme au cours de ces dernières années. La présence de ces Etats au sein de l’organe onusien en charge de la promotion et de la défense des droits de l’Homme ne représente donc rien de nouveau sous le soleil.   PHARE FM : D’accord, mais lorsque le Conseil des droits de l’Homme a été créé en 2006, n’était-ce pas justement pour éviter que cet organe ne soit paralysé par des Etats peu respecteux des libertés fondamentales? Michael Mutzner : Sur le papier, c’est vrai que l’Assemblée générale de l’ONU n’est sensée élire que les bons élèves. Elle est surtout aussi obligée de respecter une juste représentation des différentes régions du monde. Le but est d’avoir un organe représentatif. Mais ce qui est déterminant et qu’il faut comprendre, c’est qu’on est face à une instance dans lequel sont élus des Etats, par d’autres Etats. Contrairement à d’autres organes de l’ONU qui sont composés d’experts, et qui sont indépendants, ici, on a à faire à un organe politique.  L’avantage, c’est que le Conseil des droits de l’Homme a beaucoup de poids, car ce sont les détenteurs de l’autorité régalienne qui y participent. Il a par exemple autorité pour mandater des missions d’enquêtes dans les pays.    PHARE FM : Et les désavantages c’est donc que qu’il dépend de la bonne volonté d’Etats qui vont agir en fonction des intérêts de leur politique étrangère. Michael Mutzner : Oui exactement. Il faut tout simplement admettre cette réalité et ne pas se faire d’illusion. Le Conseil des droits de l’Homme reflète simplement la réalité des rapports de force au sein de la communauté internationale. Mais malgré ces limites, le Conseil des droits de l’Homme fait aussi un travail très utile. Et le fait d’être élu ne met pas forcément l’État à l’abri de la critique.   PHARE FM : Vous avez un exemple ? Michael Mutzner : Oui : le Conseil a initié un rapport sur les violations des droits de l’Homme aux Philippines alors que ce pays est membre du Conseil.    PHARE FM : En début de chronique, vous évoquiez aussi de bonnes surprises dans le cadre de ces élections. Vous pouvez nous en dire plus? Michael Mutzner : Souvent, chaque région négocie d’abord à l’interne pour se mettre d’accord sur les Etats qui se présenteront comme candidats et au final, il y a le même nombre de candidats que de sièges disponibles. Par exemple pour l’Europe, il y avait deux places vacantes… et deux candidats: la France et le Royaume-Uni, qui ont bien sûr tous deux été élus. Les ONG plaident depuis longtemps pour que les Etats présentent plus de candidats, afin d’avoir un processus plus compétitif où les moins bons élèves ne sont pas récompensés. La bonne surprise, c’est que pour la région Asie-Pacifique, il y a eu 5 candidats pour 4 sièges, ce qui a permis à la candidature de l’Arabie Saoudite d’être recalée. Un message fort adressé à un Etat qui pensait pouvoir s’en prendre impunément à Jamal Kashoggi, ce journaliste assassiné en 2018. Deuxième bonne surprise: le score relativement faible de la Chine, élue avec seulement 139 voix, là où elle en obtenait encore 180 il y a 4 ans. Là aussi, c’est un avertissement adressé à un gouvernement qui se montre de plus en plus agressif dans sa politique intérieure et extérieure. Le bilan de cette élection n’est donc pas entièrement négatif. Ce qui me frappe au contraire, c’est que des Etats puissants comme la Chine et la Russie estiment que faire partie de ces organes est la meilleure stratégie pour y protéger leurs intérêts. Cela démontre l’importance stratégique de ces instances mais aussi la nécessité pour des acteurs représentant la société civile, d’y participer activement.
Jean-Marc : Bonjour Lisa, bonjour Thomas, bonjour PHARE FM ! Bon ce soir tout le monde au lit à 21h ! PHARE FM : Vous voulez nous parler du couvre-feu ordonné dans plusieurs villes de France, Jean-Marc ? Mais il ne s’agit pas d’extinction des feux, quand même… Jean-Marc : Oui, bon, j’ai exagéré, c’est vrai… Plus sérieusement, la progression de la pandémie nécessite, aux yeux de nos gouvernants, un renforcement des consignes sanitaires. En France, c’est de nouveau l’état d’urgence, et le couvre-feu – voilà mon 21h de tout à l’heure –  dans neuf agglomérations. En Suisse, les consignes s’alourdissent en raison de la progression de la pandémie, comme par exemple le port du masque obligatoire dans les tous les lieux publics fermés. En Belgique, c’est sensiblement les mêmes consignes qui sont imposées. PHARE FM : Et pour revenir à ce couvre-feu, vous nous laissiez penser tout à l’heure que c’est exagéré ? Jean-Marc : Non, rassurez-vous. C’est vrai que ça fait drôle, un couvre-feu. La dernière fois qu’on en entendait parler, c’était dans des quartiers en proie à des bandes de délinquants. Mais là, c’est une mesure qui vise les sorties le soir, qui sont sans doute les plus difficiles à maîtriser en terme de gestes barrière. PHARE FM : Mais c’est un nouveau coup dur pour les cafés, les restaurants, les salles de spectacle… Jean-Marc : Hélas, oui. Et j’ajoute les lieux de culte, qu’on oublie souvent de citer. Tout ça n’est pas facile ! D’accord, il faut lutter contre l’expansion de la pandémie et prendre des mesures sanitaires fortes. Mais il faut aussi que notre économie se relève d’un confinement qui l’a déjà mise à mal, et donc que les gens puissent aller et venir à leur guise après le travail, en soirée. Et puis il y a la question du lien social, du besoin de communiquer. PHARE FM : Ce n’est pas facile de prendre tout ça en compte ! Jean-Marc : Il faut mettre les curseurs au bon endroit, c’est vrai. Et quoi que l’on fasse, il y aura toujours des râleurs pour dire que c’est trop tôt, trop tard, trop ceci, trop cela… Alors moi, je voudrais faire quelques propositions pour la vie de tous les jours. PHARE FM : Lesquelles, Jean-Marc ? Jean-Marc : Faire preuve d’esprit citoyen. Cela veut dire que même si on est perplexe devant telle mesure, on la respecte, parce que nous le devons. Ensuite, redéfinir des habitudes. On ne pouvait plus se faire la bise ? On a déjà choisi un autre geste de salutation. On ne peut plus sortir le soir ? On organise un petit déjeuner à 7h du matin ! On ne doit pas dépasser 4 ou 6 personnes autour d’une table ? On invente la tiny-party (c’est toujours mieux en anglais), la mini-fête. Hop, la musique, les bonnes blagues, mais à 3. On ne peut plus faire de réunion d’église le soir ? On fait un temps de prière entre midi et deux. On s’ennuie tout seul le soir chez soi ? On décale ses horaires de journée et on se couche plus tôt. Dans mon dernier séjour sous les tropiques, on se couchait à 20h et on se levait à 6h ! Et sans effort ! Et puis on se transforme tous en travailleurs sociaux. On est à l’écoute des autres, on demande des nouvelles, on encourage, on risque un conseil, on donne un coup de main. Je crois que le virus nous a ré-appris la solidarité.
PHARE FM : Philippe, vous n’êtes guère enthousiasmé par les nouvelles mesures anti-Covid prises par le gouvernement français. Philippe : Non, et les échos que j’ai eus des pays voisins ne valent pas beaucoup mieux. PHARE FM : Il faut pourtant bien faire quelque chose. Philippe : Oui, mais les conséquences économiques et relationnelles vont être terribles. Et puis, à quoi ça rime de fermer les bars et de condamner les restaurants le soir, alors que les gens vont devoir s’agglutiner encore plus dans les transports en commun pour être vite rentrés du boulot avant 21h ? À quoi ça sert de fermer les bars alors que les étudiants, par exemple, compenseront en s’entassant pour des fêtes dans des appartements souvent exigus ? PHARE FM : Qu’en pensent les médecins ? Philippe : Ça dépend desquels ! Certains déplorent que des gens n’osent plus sortir même pour se soigner. D’autres personnes, devant cette ambiance de panique, s’isolent, même dans des régions très peu contaminées ; elles se murent dans leur solitude. Les vieux dans les EHPAD vont dépérir de chagrin à défaut de mourir du Covid. Finalement, des gens vont mourir peut-être pas du Covid mais des mesures autour du Covid qui sont incohérentes et d’une efficacité très douteuse. Vous savez que partout les plus misérables payent très cher ces mesures de restriction. PHARE FM : Les incohérences, elles existent aussi chez les gens eux-mêmes. Philippe : Combien vous avez raison ! Il n’y a pas une seule réunion parmi celles auxquelles j’ai participé où les comportements ont été cohérents. Lors d’une Assemblée Générale, les gens mettaient soigneusement leur masque quand ils étaient assis, mais l’enlevaient systématiquement, même les plus radicaux, au moment de parler debout en arrosant leurs voisins de devant ! Quand les réunions sont finies, on enlève les masques avant qu’on se soit éloignés les uns des autres. Quand ces rencontres sont suivies d’un petit moment convivial, on enlève le masque pour boire un coup ou manger le gâteau, sans même s’éloigner des voisins, après s’être farci un masque pendant deux heures, ce qui ruine instantanément ces deux heures d’efforts ! PHARE FM : Si on prend du recul, que peut-on dire ? Philippe : D’abord, rappeler que le taux de létalité du Covid reste très bas, et que la moyenne d’âge des décès est de 81 ans. Cela devrait nous inciter à prendre des précautions, mais sans panique. Cela est hélas typique de nos sociétés qui n’ont qu’un vernis religieux. Au XVIe siècle, l’obsession était le salut éternel ; aujourd’hui, c’est la Santé ! Avec l’illusion que la mort peut être toujours repoussée. Je précise que je ne tiens pas plus que vous à passer immédiatement dans l’autre monde, mais ça finira par m’arriver, et je souhaite que ça m’arrive avant vous qui êtes plus jeune que moi. Le Covid n’est pas la peste, qui avait un taux de létalité proche de 100% et cela dans toutes les couches de la population. Vous imaginez ce que ça donnerait ?! Alors : un peu de bon sens, un peu de prudence, un peu de cohérence, et on devrait s’en sortir certes pas avec 0 mort. Je ne souscris ni aux fanfaronnades d’outre-Atlantique ni aux restrictions abusives et largement absurdes qui ont cours chez nous.
La résilience : de quoi parle-t-on (2) ? PHARE FM : Lors de votre dernière chronique, vous avez apporté certaines précisions en ce qui concerne la définition et l’origine du terme de « résilience», on continue d’en parler ensemble ce matin Holly : Je rappelle que le terme de résilience a été introduit pour la première fois en France dans les années 1990 par Boris Cyrulnik. Depuis quelques années, que ce soit dans les médias, la littérature scientifique, ce terme a gagné ses lettres de noblesse et s’impose dans le paysage culturel et médiatique français. Les évènements actuels liés à la crise sanitaire du COVID 19 nous poussent à réfléchir sur le concept de résilience. PHARE FM : Comment fonctionne le processus de résilience chez des personnes qui ont souffert d’un traumatisme comme un accident, un deuil, une maladie, un échec? Holly : Pour combien comprendre le principe de résilience, le neuropsychiatre Cyrulnik illustre la personne qui a vécu un traumatisme à la suite d’un évènement funeste, comme un blessé d’un accident de la route. En l’occurrence, les gestes de premier secours nous apprennent à porter un secours à accidenté en créant d’abord un espace sécurisant pour ensuite le mettre à l’abri, lui apporter du réconfort en attendant les secours arriver. Cette image exemplifie parfaitement le mode opératoire d’une démarche résiliente auprès des personnes qui ont souffert d’un traumatisme. C’est-à-dire, il important dans un premier temps, de mettre cette personne à l’abri, en créant autour d’elle un environnement calme, paisible, constitué de personnes bienveillantes, aimantes afin d’éviter de rajouter à son traumatisme d’autres blessures qui risquent d’aggraver encore plus sa situation. PHARE FM : La question qu’on peut se demander est : quel lien peut avoir la foi comme indicateur et moteur de résilience et l’accompagnement qui peut être prodigué par des tierces personnes au côté d’une personne fragilisée par les aléas de la vie, comme la maladie (exemple Covid 19), un accident, un deuil, etc. La foi seule ne suffit-elle pas pour rendre quelqu’un résilient puisque le psaumes 23 stipule que Dieu est le bon berger et la source de résilience ? Holly : C’est une très bonne question que vous venez de soulever Lisa. Si Dieu permet à travers la foi de favoriser l’émergence de la résilience chez un sujet, il est aussi vrai qu’il permet à ce que l’accomplissement de ce qui a été initié et acté dans le Ciel puisse se manifester concrètement par le biais des hommes et des femmes sur terre. En d’autres termes, la foi implique autant l’action de Dieu que l’action des individus. La famille, l’entourage proche, les églises, les groupes de maisons, les associations peuvent parfaitement jouer ce rôle d’espace sécurisant, paisible et bienveillant. Puis dans un second temps, un travail de relation d’aide avec un, voire plusieurs professionnels d’accompagnement (responsable spirituel, psychologues, éducateurs, etc.) peut être entamé afin de faciliter la guérison intérieure et le développement de la résilience. C’est ce que David explique d’ailleurs dans le Psaumes 23 lorsqu’il parle de la manière dont Dieu procède pour accompagner ses enfants à la résilience. Dans le passage on retrouve quatre étapes : Il me fait reposer de verts pâturages. foi Il me dirige près des eaux paisibles Il restaure mon âme Il me conduit vers les sentiers de la justice Vous voyez, la restauration de l’âme ou encore la résilience, intervient qu’à partir de la troisième étape. En gros, il ne suffit pas d’être guéri et restauré dans son âme pour être résilient ou résiliente. Il reste encore une dernière étape à franchir pour que le processus soit complètement abouti.    
PHARE FM : La “prière pour la création” envoyée tous les jours aux amis d’A Rocha France était consacrée, ce mercredi 14 octobre à une action au Ghana… Jean-François : Oui, A Rocha Ghana, avec d’autres organisations, poursuit en justice l’Etat ghanéen pour empêcher l’exploitation d’une mine de Bauxite dans la forêt d’Atewa, qui abrite de nombreuses espèces en danger. Nous prions plus généralement pour toutes les personnes qui luttent chaque jour pour préserver des zones naturelles de l’exploitation humaine. Ces personnes le font souvent au risque de leur vie ou en en étant persécutées de différentes manières. Nous remettons toutes ces personnes à Dieu et en particulier l’équipe d’A Rocha Ghana pour que justice soit faite pour la Création de Dieu.  PHARE FM : Mais c’est loin le Ghana, non? Ce qui s’y passe ne nous concerne pas vraiment… Jean-François : Ca serait une grave erreur de croire ça. Ce qui se passe au Ghana (ou ailleurs dans le monde) nous concerne à plusieurs titres. D’abord, à cause d’un sujet dont on a un tout petit peu entendu parler ces derniers mois… le coronavirus.  PHARE FM : Ah, bon? Alors là, je ne vois vraiment pas le rapport entre le Ghana et le Coronavirus. Le coronavirus vient de Chine, non? Jean-François : Oui, mais comme l’explique très bien une vidéo publiée sur le journal Le Monde il y a un lien très étroit entre la déforestation tropicale, la pression sur la biodiversité, la mondialisation des échanges, le consumérisme et l’émergence et la propagation des épidémies. La vidéo est partagée sur la page Facebook d’A Rocha France pour ceux qui voudraient la voir PHARE FM : Quels sont les liens entre tout ça? Jean-François : Depuis quelques années, plusieurs nouvelles maladies sont apparues à cause de contacts entre des hommes et des animaux sauvages. Ces animaux sont porteurs de virus ou de pathogènes, mais tant que les contacts sont limités, ces pathogènes ne sont pas transmis à l’homme. Mais comme l’homme empiète de plus en plus sur des territoires autrefois réservés à la vie sauvage, et qu’on comprime de plus en plus les zones où peuvent vivre ces espèces sauvages, les contacts et les transmissions vers l’homme sont grandement favorisés. Le SIDA, Ebola, le SRAS, par exemple, sont apparus comme ça. PHARE FM : Mais nous, qu’est-ce qu’on peut faire pour empêcher ça? Jean-François : On peut envoyer des signaux aux entreprises et aux Etats pour leur dire que nous n’apprécions pas la destruction des habitats sauvages. Par exemple, en soutenant A Rocha qui lutte contre la déforestation au Ghana, ou en écrivant à votre député pour lui dire que vous vous préoccupez de ces questions. On peut aussi réfléchir à nos choix de consommation. Au Ghana, la raison pour laquelle la forêt est menacée, c’est pour exploiter le Bauxite, lequel est le principal minerai permettant la production d’aluminium. Cet aluminium sert par exemple pour le matériel électronique. Au congo, c’est à cause du Coltan qu’on coupe la forêt (et qu’on réduit à l’esclavage des enfants). On peut individuellement limiter notre consommation en nous demandant par exemple si on a vraiment besoin de remplacer notre téléphone par le dernier smartphone à la mode. Voilà une autre manière de répondre à l’injonction de l’apôtre Paul lorsqu’il écrit dans l’épître aux Romains chapitre 12: “Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.”  Vous pouvez vous abonner à la prière pour la création sur le site d’A Rocha France (www.arocha.fr)
Ludvine : Bonjour. Nous parlons aujourd’hui de la 1ère nation du monde devenue chrétienne, en 301, l’Arménie. Et forcément, de son attachement au Haut-Karabakh. L’Arménie est un petit territoire de 30.000 km2 qui abrite seulement 3.000.000 d’habitants, tandis que sa diaspora compte 10.000.000 de personnes. PHARE FM : Situons géographiquement l’Arménie, Ludvine. Ludvine : Elle n’est plus qu’un dixième du territoire qui s’étendait de la mer Caspienne à la Méditerranée. Les Arméniens, dont 98% sont chrétiens, sont voisins de grands Etats à forte majorité musulmane, Iran, Géorgie, Azerbaïdjan et Turquie. La zone sismique est active, à la jonction de la plaque Eurasiatique et de la Péninsule Arabique. Le tremblement de terre de 1988 tua 25000 personnes. Le point culminant arménien jusqu’en 1915, est le mont Ararat (5160 m). Aujourd’hui en Turquie, il reste le symbole de l’Arménie. La topographie est compliquée: il existe une enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais et 4 enclaves azerbaïdjanaises en territoire arménien. L’Arménie sépare l’Azerbaïdjan de sa République autonome du Nakhitchevan. Quant au Haut-Karabakh, à majorité arménienne, il est enclavé dans l’Azerbaïdjan et relié à l’Arménie par le corridor de Latchin. PHARE FM : J’imagine que l’histoire arménienne aussi, est compliquée. Ludvine : Oui! Les terres ancestrales ont connu une succession d’invasions, byzantine, ottomane, iranienne, russe. Dès 1915 le gouvernement Jeunes-Turcs organisa la déportation et le massacre d’environ 1.500.000 Arméniens de l’actuelle Turquie. Des lois turques condamnent encore aujourd’hui la mention du génocide arménien. En 1920 fut reconnu le droit à l’auto-détermination du peuple du Karabakh. Mais Staline décida arbitrairement son rattachement à l’Azerbaïdjan. A l’effondrement du bloc soviétique, les Républiques Socialistes Soviétiques d’Azerbaïdjan et d’Arménie déclarèrent leur indépendance, en 1991, ainsi que la région autonome du Karabakh, par référendum. Mais aucun Etat-membre de l’ONU ne reconnut l’indépendance karabakhie. L’Azerbaïdjan envoya des militaires au Haut-Karabakh. Les Azerbaïdjanais furent chassés. Le conflit fit des dizaines de milliers de victimes. En 1994 le cessez-le-feu ne régla pas grand-chose. PHARE FM : Oui, Arménie et Azerbaïdjan n’entretiennent officiellement aucune relation diplomatique. Ludvine : De plus, la frontière turco-arménienne est fermée et l’Arménie subit un blocus économique turc et azerbaïdjanais. Une «guerre des 4 Jours» éclate en 2016 suite à une attaque azerbaïdjanaise. Mais en 2017 la population du Haut-Karabakh approuve massivement, devant 104 observateurs électoraux internationaux, une modification de sa constitution et forme la République d’Artsakh. Le 27 septembre 2020, sa ville principale, Stepanakert, est bombardée par l’Azerbaïdjan qui décrète l’état de guerre. La République d’Artsakh déclare la loi martiale et la mobilisation générale, suivie dans la foulée par l’Arménie. Le rapport de forces est inégal. La Turquie envoie des mercenaires syriens dans la zone, ce que confirme l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme. Début octobre, l’Arménie rappelle son ambassadeur en Israël, pays censé vendre des armes à l’Azerbaïdjan. PHARE FM : Une note d’espoir dans ce conflit, Ludvine? Ludvine : Oui. Le groupe de Minsk, créé en 1992 pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh. Co-présidé par la Russie, la France et les Etats-Unis, il propose le stationnement d’une opération internationale de maintien de la paix au Haut-Karabakh. En attendant, la Russie protège les frontières du territoire arménien où elle entretient deux bases militaires.
Nicolas : Je vous propose d’évoquer un sujet qui est passé un peu sous les radars mais qui est ressorti dernièrement à la faveur d’un article du site internet Slate. Le titre de cet article est autant évocateur que dramatique. Je vous le cite : « L’extrême pauvreté s’aggrave dans le monde pour la première fois depuis des décennies. » Je vous propose donc de parler, comme vous l’aurez compris, de la lutte contre la pauvreté. Ce thème résonne également avec une autre actualité. Le 17 octobre, dans quelques jours seulement, a lieu comme chaque année la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Son objectif est de mettre l’accent sur les efforts qui sont entrepris dans la lutte contre la précarité. Ça semblait donc finalement assez logique de parler de ce sujet aujourd’hui ! PHARE FM : Effectivement. Revenons à cet article de Slate que vous avez cité. Quel constat relaie-t-il précisément ? Nicolas : L’article explique que la pandémie de Covid-19 vient de stopper net les nombreux progrès réalisés ces 30 dernières années en matière de lutte contre la pauvreté à l’échelle mondiale. Plusieurs facteurs entrent en jeu mais c’est tout particulièrement le ralentissement de l’activité économique internationale qui est préjudiciable. Non seulement la crise actuelle maintient dans la précarité les personnes qui y sont déjà, mais elle créé également de « nouveaux pauvres ». Cette tendance risque malheureusement de perdurer quelques années car on est ici sur un problème de fond et pas seulement sur quelque chose de passager. PHARE FM : Est-ce que des études ont été réalisées pour appuyer ce constat ? Nicolas : Oui. La Banque mondiale est l’institution qui est la spécialiste du sujet. Elle estimait dernièrement que 736 millions de personnes vivaient sous le seuil d’extrême pauvreté. Le seuil d’extrême pauvreté, c’est quoi ? C’est un indicateur utilisé par la Banque mondiale pour mesurer l’évolution de l’extrême pauvreté. Il est actuellement fixé à 1 € 60 par jour et par personne. D’après ses prédictions, entre 70 et 100 millions d’individus supplémentaires pourraient tomber sous ce seuil à cause de la crise du Covid-19. PHARE FM : Ce qui dénote dans cette annonce c’est que jusque-là la tendance était à la baisse. Nicolas : Effectivement. L’extrême pauvreté reculait dans le monde depuis plusieurs décennies, sous l’impulsion notamment des Objectifs du millénaire pour le développement orchestré par les Nations Unies. Au plan mondial, le nombre de personnes vivant dans une situation d’extrême pauvreté a diminué de plus de moitié entre 1990 et 2015, passant de 1,9 milliard à 836 millions. La crise du Covid-19 met donc un coup d’arrêt à ces p rogrès non négligeables, car derrière ces chiffres il ne faut pas oublier qu’il y a des êtres humains. PHARE FM : Un mot pour conclure ? Nicolas : Rappelons-nous qu’en matière de lutte contre la pauvreté, rien n’est jamais acquis. A l’occasion de la Journée internationale du 17 octobre, prenez le temps de vous intéresser à ce sujet. Parlez-en autour de vous et mobilisez-vous de quelque façon que ce soit pour faire reculer la pauvreté et l’extrême pauvreté dans le monde !
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Podcast Details

Created by
PHARE FM
Podcast Status
Active
Started
Dec 3rd, 2020
Latest Episode
Dec 3rd, 2020
Release Period
Daily
Episodes
281
Avg. Episode Length
3 minutes
Explicit
No
Order
Episodic
Language
French

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